L’histoire de la sonothérapie à travers le temps

« La Sonothérapie ? C’est nouveau ? »

Hum.. Non, désolé. C’est vieux comme le monde…

Et puis, beaucoup d’entre nous admettent que le chant des oiseaux, le bruit du vent dans les arbres, celui d’un feu de bois, de la pluie sur nos toits, de la houle sur la plage, des grillons sous un soleil d’été, ou simplement les enregistrements de sons de la Nature, une fois utilisés en fonds sonores, sont extrêmement bénéfiques lors de soins, idem pour la méditation & la relaxation par exemple.
Cela n’est pas un hasard si de nos jours il est de plus en plus préconisé d’aller se promener en forêts, ou bien dans d’autres lieux naturels… Sachez que les bruits environnants ont eux aussi leur importance.

De même, la marche des animaux, nos propres pas… Certains de nos travaux… Tous ces bruits, ces sons, ces rythmes… Ils sont omniprésents dans nos vies.

Pour celui qui peut entendre, tout cela est du son à proprement parler, tout cela est du rythme aussi ; des vibrations, des fréquences, tous autant qu’ils sont, porteurs d’informations, et d’énergie… 

Maintenant un peu d’histoire

La Musicothérapie et toutes ses branches, dont la Sonothérapie, tirent leurs racines dans des cultures très différentes à travers le monde.

Sachant que les premières flûtes ayant été découvertes lors de fouilles datent de la période du Paléolithique Supérieur, aussi appelée la fin de l’Âge de Pierre. Confectionnées dans des os d’animaux, ou de l’ivoire, l’exemple le plus célèbre étant la « Divje Babe Flute », découverte dans une grotte slovène. Une flûte en fémur d’ours ; elle aurait entre 43 000 et 60 000 ans..

Musique et sons dans la culture préhistorique donc…

L’âge de pierre

Les plus anciennes cultures proche de nous autres, Homo Sapiens Sapiens, sont les cultures aborigènes. […]

A l’instar de la culture australienne (Nouvelle Zélande comprise) dont les premiers instruments retrouvés sur sites archéologiques ont été datés de plus de 5000 ans avant Jésus Christ.
Certains supposent que les premiers didgeridoos pourraient eux aussi remonter l’Âge de Pierre (20 000 ans environ) ; et il y aurait effectivement une peinture rupestre montrant un joueur de didgeridoo, mais il m’a été impossible de la trouver sur le net, et donc de vous la montrer.
Même si cette datation ne fait pas consensus parmi les archéologues, les premiers didgeridoos et les clapsticks retrouvés datent bien de plusieurs milliers d’années avant notre ère.

Un peu de didg’ ? Voilà à quoi ça ressemble avec des clapsticks !

Traditions natives amérindiennes

Du Nord, comme du Sud de l’Amérique, la place que tiennent la musique, et la danse, est primordiale dans les cérémonies chamaniques de guérison, les rituels et les rites de passage. Ils constituent des charnières dans le développement de l’Être, tout au long de sa vie. […] 

Bien avant l’ère chrétienne ici encore, ces peuples ont des milliers d’années d’histoire. Utilisant les tambours sur cadre, les flûtes dites amérindiennes (taillées dans des os, ou du bois) et de par leurs chants, ils invoquent la guidance des Esprits, rétablissent l’équilibre, et aident à l’amélioration de la santé sur les plans physique, émotionnel et spirituel. Ici, le tambour, ce symbole de l’interdépendance entre du féminin et du masculin,  cet objet de pouvoir, permet la connexion avec les Esprits des Ancêtres, & ceux de la Nature.

Un chant traditionnel Lakota (tribu nord américaine)

En Afrique

Là encore les traditions sont millénaires et renforcent l’interconnexion entre les Êtres d’une même communauté. […]

L’héritage musical est d’une richesse extraordinaire. Le rythme, la danse et le chant font parties intégrantes des cérémonies de guérison et autres rites sacrés. Ils utilisent les djembés pour synchroniser les battements de leur cœur et aider à la libération de tensions émotionnelles ; c’est dire l’importance du fait de faire de la musique en groupe, et son pouvoir guérisseur parce que reliant l’Un-dividu, à l’Unité.

Petite illustration pour plaisir, qui résonnera aussi avec mon introduction sur le son, et le rythme : FOLI (there is no mouvement without rythm) original version by Thomas Roebers and Floris Leeuwenberg

Au Moyen-Orient

On parle alors de modes. […]

Ils sont au nombre de 12 je crois (je m’appuie là sur de longues conversations verbales, et musicales, avec un musicien iranien), mais d’après ce que j’ai pu lire, leur nombre varie d’une culture à l’autre, et/ou d’une école à l’autre.

Chacun de ces modes est constitué de structures musicales différentes, & permet de traduire des émotions spécifiques au mode choisi.

Les instruments utilisés pour les cérémonies de guérison, les rituels, les chants dévotionnels, sont principalement le Oud (sorte de guitare ressemblant à une mandoline), le Tanbur (plus ancien que le Oud, mais non, ça n’est pas un tambour, mais une sorte de guitare avec un petit corps et un long manche), le Qanûn (cithare sur table), le Ney (flûte assez longue et d’ordinaire assez difficile à aborder) et le Daf (sorte de tambour sur cadre se jouant avec les deux mains, des anneaux sont présents autour de l’encadrement, produisant un son particulier). Voici un lien vers le groupe « Quieter Than Silence », dans lequel Mehdi Aminian joue du Tanbur, puis du Ney vers 14min50 dans la vidéo : Lien ici J- https://www.youtube.com/watch?v=tlJJZrriAVI ).

groupe « Quieter Than Silence », dans lequel Mehdi Aminian joue du Tanbur, puis du Ney vers 14min50 dans la vidéo

Au sein de la culture moyen-oriental, la musique Sufi est caractérisée par des rythmes répétitifs, ainsi que des mélodies extatiques. Ces rythmes et ces mélodies sont joués dans les cérémonies de Dervish tourneurs, cela afin d’induire des états de transe et de transcendance spirituelle (pour faire simple, le Sufisme est la partie ésotérique & mystique de l’Islam, au même titre que la Kabbale dans le Judaïsme).

A ceux qui souhaitent voir des Dervish tourneurs en action, voici une vidéo mêlant danse, chant, Tandur and Daf.

Chez les bouddhistes et les tibétains

Les moines et nones ont reconnu très tôt le pouvoir thérapeutique du chant, des bols chantants, ainsi que d’autres formes de méditations sonores. Leurs premières traces remontent au fameux premier Buddha – Siddhârta Gautama, qui aurait vécu entre le 6ème et le 4ème siècle avant JC. […]

Ces pratiques sont reconnues comme permettant d’équilibrer l’énergie, d’encourager la pleine conscience (ou bien la conscience du vide… chacun voit midi à sa porte, hein..), et de favoriser notre croissance spirituelle. Les bols chantants sont plus particulièrement utilisés, car leurs harmoniques induisent de profonds états de relaxation, et sont donc de véritables clés dans le processus de guérison.

Juste pour l’anecdote, ces bols chantants étaient aussi utilisés comme assiettes pour leurs repas. En effet, les sept métaux utilisés pour la confection de bols traditionnels se mêlaient alors à la nourriture, leur permettant ainsi une supplémentation précieuse en Or, Argent, cuivre, fer, étain, mais aussi en mercure, et en plomb, bien moins précieux puisque nous savons depuis plusieurs décennies qu’ils sont toxiques pour l’organisme). Chacun de ces métaux symbolise des aspects spécifiques, connexes avec l’Alchimie dans toute sa splendeur ; oui Messieurs, Dames.

Viendront ensuite les gongs, les trompettes traditionnelles, comme le Gyaling, ainsi que de nombreux autres instruments à vent, à cordes, et à percussion.

Echantillon de musique traditionnelle

Dans la culture mongole

Proche de la culture Tibétaine et Bouddhiste, là encore la musique et la culture sont intimement liées : reflet de leurs croyances & de leur style de vie. […]

Comme chez les amérindiens, pour le peuple mongole, le chamanisme tient une place centrale, au cœur même de leur approche du soin, et de la reliance existant entre tout un chacun, au sens propre.

Le chant Harmonique, ou Diphonique : fait de produire plusieurs sons simultanément, et le Urtiin Duu : chant à tempo très lent, avec des phrases vocales plutôt longues, reconnu patrimoine intangible de l’UNESCO, sont des arts qui nous viennent tout droit de leur héritage

Cette vidéo de chant Harmonique est juste bluffante
Echantillon d’Urtiin Duu

Le Morin Khurr (sorte de guitare ornée d’une tête de cheval sur le haut du manche, composée de deux cordes jouées avec un archet), les tambours sur cadre de un mètre de diamètre tellement lourds qu’ils ne peuvent être joués longtemps qu’en trance, les cloches, clochettes et hochets, ainsi que les sifflements, sont les outils qui continuent à jouer des rôles vitaux dans la culture Mongole contemporaine, source identitaire culturelle, artistique et spirituelle.

Groupe mongole qui vient régulièrement se produire en France, et que j’ai eu la chance de voir plusieurs fois sur scène : Huun Hurr Tu
Une Chamane : Snow Raven, venue des plaines sibérienne, pour la joie de la découvrir si vous ne l’avez pas encore entendue, sa performance commence à 3min30 avec la respiration d’un cerf

Dans la Médecine Traditionnelle Chinoise

Médecine millénaire, la musique y est utilisée pour équilibrer et harmoniser l’énergie (nommée Qi), ainsi que les cinq éléments selon eux constitutifs de nos Êtres (bois, feu, terre, et métal). […]

Dans la pratique du Qi Gong est incorporée des mouvements rythmiques, des exercices respiratoires, ainsi que des sons spécifiques afin de favoriser la santé, la vitalité et la longévité.

Démonstration de Qi Gong sur fond de musique traditionnelle sur le plateau de France 2 il y a de ça un moment on dirait

En Inde

La culture musicale et spirituelle indienne (d’Inde) est riche et variée. […]

Pendant l’ère Védique, période entre 1500 et 500 avant Jésus Christ, la musique jouait un rôle central lors de rituels, où des hymnes et des mantras étaient chantés pour invoquer les déités, ainsi que pour promouvoir l’harmonie cosmique.
La période suivante marque le début de la musique indienne dite classique, la « Sangeet », qui marie les chants (Gayaki) aux instruments (Vadya).

On y trouve la Raga Thérapie. Ces ragas ont des structures mélodiques spécifiques associées à des émotions, ou à la spiritualité. Ils contribuent à l’amélioration de l’humeur, de l’énergie et globalement du bien-être de celui qui écoute.
Différents ragas sont prescrits selon les maladies, ou les états d’esprit, ou d’Âme, et ils ont pour but, ici encore, de tendre vers l’Harmonie et l’équilibre.

Suit le mouvement Bhakti, ainsi que le mouvement Sufi. Bien que le soufisme soit plus proche des cultures musulmanes qu’Hindouistes ou Bouddhistes, la Bhakti & le soufisme mettent tous deux l’accent sur le côté dévotionnel et l’Amour comme voies de réalisation divine ; cela au delà des castes, et des barrières religieuses. 

On voit alors apparaître les Bhajans, les Kirtans, et autres chants dévotionnels. Composés par des Saints de l’époque, ils continuent aujourd’hui d’inspirer des millions de personnes à travers le monde, indiens, ou pas.

La poésie sacrée, ainsi que d’autres pratiques syncrétiques ( : unissant deux ou plusieurs traits culturels de divers horizons) tendent à mettre l’accent sur l’Unité et l’Inclusion. Pour les soufis d’Inde, l’influence de l’Hindouisme, du Bouddhisme, du Jaïnisme & du Sikhisme est vraiment flagrante.

Anoushka Sankar, cithariste, sœur de Nora Jones, toutes deux filles de Ravi Shankar, lui aussi cithariste.

Chez les peuples Celtes

Tout particulièrement en Irlande, ou en Ecosse, mais aussi au Pays de Galles & dans certaines parties d’Europe, un merveilleux héritage musical se développe autour d’instruments tels que la Harpe, le Fiddle (violon dédié à la musique populaire) et le Dodhrán (tambour sur cadre qui se joue avec une mailloche en bois dont on utilise les deux cotés). […]


A la base, ce genre de musique était très utilisé pour son aspect thérapeutique, permettant ainsi et surtout d’évoquer leur connexion à la Nature. Cela est maintenant partie intégrante de leur identité culturelle, et de par les mouvements de leur population en masse vers l’Amérique courant 19ème, celle-ci a influencé tout un pan de la culture musicale américaine.

Pour le folklore !

Au Japon

Le Gagaku, musique traditionnelle autrefois jouée dans la cour impériale, et le Zokugaku (plus populaire), sont deux genres musicaux très proches : instrumentaux, et/ou chantés, et/ou dansés. […]


Ils étaient tous deux utilisés lors de cérémonies et dans leurs rituels de guérisons. Il est très difficile de dater exactement cette période, mais il semblerait qu’elle soit postérieure à la venue du Christ sur Terre (environ 300 au début de notre ère).

Petite chanson traditionnelle jouée à l’époque chez l’Empreur – du Gagaku donc !

La Mãori Karakia en Polynésie & chez les aborigènes de Nouvelle Zélande

Pratique de guérison traditionnelle Maori, qui aurait environ 1000 ans, puise ses racines en Polynésie & chez les aborigènes de Nouvelle Zélande, leurs voisins de palier. […]


Comme chez les natifs américains, chez les natifs africains, ainsi que dans d’autres peuples déjà cités plus haut, les chants maoris, et leurs rythmiques sont connues pour avoir des bienfaits sur l’individu, comme sur l’entièreté de la communauté.

Un petit Haka ? Chant et danse guerriers traditionnelles, pratiqué dans cette vidéo pour honorer un couple lors de leur mariage, je vous laisse apprécier l’énergie qui s’en dégage.

Et la liste dressée ici est loin d’être exhaustive ! Cela formant le patrimoine de l’Humanité.

L’usage des sons, de voix, & d’instruments pour le bien-être des peuples ne date clairement pas d’hier. La sonothérapie, basée sur l’usage d’instruments et de nos voix joue avec beaucoup de cet héritage pour le mieux-être de ou des personnes qui en bénéficient. D’un sonothérapeute à un autre, les nuances changent, les instruments aussi, les influences se goutent, cheminant toujours vers la facilitation de l’Equilibre & de l’Harmonie.

Aussi anciens qu’ils soient, ces trésors sont à la hauteur de l’Esprit qui nous habite.

Puissions-nous honorer Cela, et tous comprendre enfin que malgré les différences, les divergences parfois, nous sommes tous frères et sœurs ici-bas, tous partie d’une seule et même famille… Et peut-être vivre la Paix, enfin…

Laisser un commentaire

« De la nécessité de traverser.. »

A l’image de l’Océan – Tout en vagues … Je sais que ce que je m’apprête à discourir ici est un peu difficile quelque part, à ne serait-ce qu’appréhender.. Et pourtant j’ai l’élan d’essayer. Je sens en moi la forte et ferme impression que nous sommes nombreux, ici-bas, à nous mentir.. Et nous sommes plusieurs…

États d’âme en partage ..

Envie de partager un texte que j’ai écrit il y a de cela quelques jours.. Me sentant en pleine transition .. En pleine refonte. C’est un texte qui pour moi clôt un chapitre, sombre, mais nécessaire. Pour poser simplement le décor, j’ai commencé un travail introspectif avec une psychothérapeute rencontrée totalement par hasard un soir…


En savoir plus sur Zam-Arts

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire