Envie de partager un texte que j’ai écrit il y a de cela quelques jours.. Me sentant en pleine transition .. En pleine refonte. C’est un texte qui pour moi clôt un chapitre, sombre, mais nécessaire.
Pour poser simplement le décor, j’ai commencé un travail introspectif avec une psychothérapeute rencontrée totalement par hasard un soir d’été.
J’étais déjà en conscience d’avoir besoin d’aide pour avancer.. Pour enfin avoir le courage de continuer ce que j’ai commencé, avec ce site, avec la sonothérapie, la musique, le dessin, & plus globalement, ma créativité. Ne plus fuir.. s’exposer à la foule.. pêle-mêle.. faire face, avec discernement et volupté, à l’adversité ambiante, de laquelle nous ne saurions nous passer.

« Hier, la séance m’a quelque peu chamboulée.. Je me suis vue, dès la veille, paniquée, essayant d’éteindre ce qui s’apparente, de près ou de loin, à un grand feu de cheminée.
Cette sorte de pulsion, de vie, également de mort, n’a de cesse de me traverser, par intermittence, ça et là, parce que cela fait plusieurs mois que j’ai été invité à entrer dans une inertie mortifère, qui cherche à me déposséder de moi-même ; une sorte de chaos, peut-être bien là pour mieux me retrouver.
J’observe.
Le soin d’Aude.. ce que nous avons travaillé.. « Ta parole était trop dangereuse, alors on t’a faite taire ». Mais je ne voyais pas les choses ainsi, seule l’injustice ressentie, première, a perduré. Et pourtant, je sais, ô combien, la parole est un danger dans ce monde, où néanmoins toute une multitude de gens, souvent d’une fadeur, brutale.. extrême.. s’expriment à tort et aux travers de nos réseaux ; qui n’ont du sociaux que le lien, sans, la plupart du temps, la précieuse profondeur humaine.
Je relis encore des pages de s‘Anomaliser, (d’Etienne le Reun, fondateur du Dolmen) en conscience que c’est bien là ce que j’ai fait, rôder, en bordure du monde…
Je prends plaisir à lire aussi quelques pages, au hasard, d’ « Un curieux hasard » de Stephan Schillinger ; consciente là encore du potentiel de faire partie de cette même veine, encrassée par la vie, qui ne saurait être sauvée de la douce agonie par autre chose, que la tendresse et la légèreté.
Me voilà tellement las.. Mes envies des autres s’étiolent. Le non-sens colonise tout. Et ça n’en vaut plus la peine lorsqu’enfin on le perçoit..
Et pourtant.. ? Pourtant.. ?
Bien qu’ils me voudraient à leur sauce, cet irrépressible désir de témoigner ne me quitte pas. L’envie de créer pour dire.. Une ultime tentative de prendre soin des autres aux travers d’une expérience acquise.
L’élan d’assumer mes semblables de leurs illusions gâchées, de leurs faux-semblants en putréfaction dont la surface étincelle, comme des milliers de petites lucioles démentielles, pleines de joie et de contentement vermeils. Mais nous autres en percevons bien la face cachée, qui n’a de rouge et d’ancré, que le matériel.
Ne dites surtout pas votre stress.. Les moments où les doutes vous assaillent, parfois quotidiennement, vos états d’âme, parce qu’au fond, vous savez bien qu’ils vous ont eu, et que vous gâchez tout ce qui est précieux au possible..
Amour, jeunesse, insouciance, liberté même de traverser des choses horribles, sans perdre ni la face, ni les lucioles, ni son travail et sa bagnole, et être.
Toute une myriade de fantômes indélébiles, qui vous hantent, car en vous, vous savez que les choix qui ont été faits doivent laisser place à plus inspirés ; animés..
Oserez-vous vous réveiller de cette infâme torpeur ? Pour enfin vous régaler ..
Une illusion globale et tant de destins fanés. Réveillez-vous ! Ils vous vendent du rêve. Et ce monde onirique n’est cependant pas si loin de ce que pourrait être votre réalité..
Pourtant, vous vous évertuez à collaborer, encore.. Et c’est si cher payé !
Votre attention est disséminée par delà nos contrées..
Quelque chose vous ronge, retirant peu à peu les élans qui font votre unicité. Et je ne parle bien sûr, que pour ceux dont le feu est encore vivant quelque part et de ce que j’ai traversé. Les autres ne semblent ni entendre, ni voir. Ils ne savent pas vraiment dire, non plus, comment ils en sont arrivés là ; de même lorsque la question est posée, ils vous diront qu’ils n’ont eu, n’ont pas, et n’aurons, Ô Grand Jamais, le choix de la liberté.
Je suis atterrée… Le contact au sol est dur. Et la communication avec Pachamama semble parfois rompue.
Ils volent, pillent, travestissent, détériorent, contaminent, les plus beaux de nos élans. Nous refusant la guérison du monde…
Cela pourrait bien rendre fou d’y croire encore. Je l’ai vu, comme je vous vois, et pourtant j’y crois, fort, comme l’acier damassé de ces lames tranchantes, qui par d’innombrables coups reçus, finissent avec des motifs d’une extrême beauté.
Comme l’a écrit Doltoïevski : « c’est la beauté qui sauvera le monde ».
La vie humaine nous préférerait fou, je vous le dit, plutôt que d’admettre qu’elle a eu tort. Parce qu’elle a eu tort oui, de bâillonner les plus compassionnels de ses enfants.
« Croire en la beauté, c’est en somme croire que nos élans nous dépassent et nous permettent de nous dépasser ; c’est croire que nos désirs les plus forts et les plus vrais sont des désirs de perfection. Que par conséquent ils ne seront jamais assouvis, mais que, demeurés désirs, ils sont tout à la fois notre énergie et notre dignité. La beauté ne sauve peut-être pas le monde, mais elle nous fait don de ce désir de perfection, ou plus modestement de ce désir de mieux, sans lequel le monde serait décidément perdu. » (Extrait d’une conférence d’Etienne Barilier).
Et tout ce qui ne sert pas nos plus beaux desseins prend de l’ampleur, tout comme le prix des denrées de nos besoins primaires, et celui du chocolat.. ; quel malheur d’en être encore là..
Ce qui nourrit, n’est-ce pas le carburant de la vie ? Alors pourquoi cette mue, en pulsions de mort ?
Tous les industriels et autres lobbyistes savent trop bien nos comportements addictifs face aux sucres, céréales, écrans, sexe, sport, et plus globalement à tout, et à n’importe quoi.
L’humain est faiblesse incarnée. Dans la chair. Même l’hygiéniste est pathologiquement marqué d’un sceau. Prendre soin de soin est devenu maladif, voire morbide, pour l’orthorexique. Mais où va-t-on ?
C’est incontestablement l’avènement des grands raccourcis..
Dans un monde où l’information est partout, la désinformation règne en maître. Et en façade, la cérémonie paraît remplie d’elle-même : une faussement libre, et bien vaine liberté.
Me voilà devenu bien sombre ; mais ne demeurera sombre que ce que je ne transmettrais pas.
Pris au piège dans les volutes rythmées par la marche de la masse, certains en sortent, hébétés, refusant bien souvent d’y remettre le pieds. Plus rarement, ils s’exilent pour ensuite mieux y rentrer ; dans l’espoir, toujours, de servir le plus grand nombre, et ainsi magnifier ce sombre, devenu souvenir certes constitutif, mais d’un autre temps.
Pourquoi se taire? Pourquoi ne pas agir alors, sinon par manque de foi ?
La foi, ne l’oublions pas, est effort de volonté.. Jusqu’au naturel..
Oui, je compte bien magnifier cette mélasse, et de l’Art vivre, dans une saine opulence subjective, qui permet de jouer, enfin, avec cette liberté qui est partie intégrante de ce que nous sommes ; cet être qui aujourd’hui, hagard, regarde bien en face les mirages ; ces itérations infinies dans les cycles impermanents de nos vies, bien décidé, déterminé cette fois-ci, à trouver l’Oasis dans ce désert aride.
Le système nous voudrait à sa merci.. Refusons catégoriquement de se laisser être un de ses fantômes dans la nuit ! Regardez-les, ils se décomposent, ces zombies..
Plutôt continuer à rôder que de prendre place dans la mascarade, sans en prendre, la pleine et entière responsabilité.
L’adversité est un monstre, que de toutes façons, nous ne saurions apprivoiser.


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